​Analyse OSINT : Comment la mafia américaine a placé Trump à la Maison Blanche ?

novaBLOG : Enquête
By: Matt

Parce qu’il n’y a aucun intérêt à cela, je tiens à préciser d’entrée de jeu que ce dossier n’est pas le développement de mes opinions personnelles à propos de Trump. Il s’agit plutôt d’un long travail de recherche qui s’appuie sur l’OSINT à un niveau très poussé. Donc, si tu pensais tout savoir sur Trump, il y a de fortes chances pour que tu découvres pas mal de faits sous un nouveau jour. Voire même des faits que tu ignorais totalement. Cette enquête est la suite directe de cette entrée en matière plutôt calme que j’avais rédigé pour poser les bases. Maintenant que c’est fait, nous allons pouvoir entrer dans le dur à propos de l’ignoble individu que les américains ont élu comme président. Et accroche toi bien, parce que ça va envoyer du très lourd ! Tu ne seras pas déçu du voyage 🙂

Mon écriture repose sur un réel travail de fond. Je ne réagis pratiquement jamais à chaud sur l’actualité. Et c’est précisément cette distanciation qui m’a permis d’y voir très clair dans le jeu de Trump. Parce qu’en réalité sa méthode pour se dégager de tous ses problèmes est toujours la même. Tout repose sur la technique du contre-feux.

Pour te donner un exemple concret, en France on avait un ministre de l’intérieur nommé Charles Pasqua qui était aussi pourri que Trump. Il demeure assez connu pour avoir élaboré un théorème au sujet de l’art de la diversion politique : “Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien”. Et si tu observes bien, c’est exactement ce qui se passe avec Trump. A la différence prêt qu’il a poussé cette technique à des niveaux stratosphériques.

Donc, si tu veux comprendre exactement qui est Trump et comment le faire tomber de son piédestal, il faut absolument commencer par dégager toute la grosse couche de petites merdes qui masquent les vraies grosses merdes. Autrement dit, il ne faut surtout pas jouer son jeu en se laissant distraire par des fausses pistes qui partent dans tous les sens. Attention spoiler ! Trump est clairement un gros mafieux et c’est ce que je vais m’employer à prouver de A jusqu’à Z tout au long de ce dossier. Pour commencer, c’est vraiment très important de situer le contexte. On va donc se remémorer l’environnement familial du sale type au teint orange. Et tu vas voir que tout s’emboîte parfaitement avec tout ce qui va suivre.

Friedrich Trump c’est le grand-père qui a bâti sa fortune dans les bordels

Friedrich Trump débarque aux États-Unis en 1902 après avoir quitté sa Bavière natale à 16 ans sans accomplir son service militaire obligatoire. En clair, c’est un déserteur. Il pose d’abord ses valises à New York. Mais quand la ruée vers l’or du Yukon commence à faire du bruit, il flaire l’opportunité et file vers le Grand Nord canadien.

Là-bas, en Colombie-Britannique, il ouvre l’Arctic Restaurant & Hotel à Bennett. Sur le papier c’est un hôtel et un restaurant. Sauf que dans la réalité, un journaliste de l’époque met explicitement en garde les femmes respectables de ne pas y dormir. Il faut dire que l’établissement propose des “private boxes for ladies”, un euphémisme de l’époque aussi subtil qu’un coup de massue pour désigner la prostitution. Autrement dit, ce bon vieux Friedrich gère des bordels.

Il quitte ensuite le Canada pile au moment où les autorités commencent à nettoyer la région des bandits de son espèce. Et il rentre en Allemagne avec l’équivalent de 582000 dollars d’aujourd’hui. Mais les autorités bavaroises n’ont pas oublié sa désertion pour autant. Du coup, en 1905, un décret royal l’expulse officiellement du territoire. Le document a été retrouvé dans les archives bavaroises par l’historien Roland Paul et authentifié par Harper’s Magazine.

Pour finir, Friedrich repart aux États-Unis avec le pactole qu’il a accumulé sur des activités immorales et pose les bases de la dynastie Trump…. Tu ne trouves pas qu’il y a déjà un gros parfum de mafia ?

Fred Trump prouve que les chiens ne font pas des chats

Fred Trump, le père de Donald, reprend le flambeau familial avec le même talent naturel pour les arrangements douteux. Mais dans un cadre beaucoup plus structuré. Pour ce faire, il se lance dans l’immobilier à New York dans les années 1930 et devient rapidement un acteur majeur de la construction de logements dans les quartiers populaires de Brooklyn, du Queens et de Staten Island.

Les premières embrouilles arrivent vite ! En 1954, Fred est convoqué devant une commission bancaire du Congrès car les enquêteurs ont découvert qu’il a obtenu des prêts fédéraux FHA gonflés de 3,5 millions de dollars au-dessus des coûts réels de construction. Pour faire court, disons que l’argent du contribuable américain s’est volatilisé dans sa poche. Sous serment, il admet également que Willie Tomasello, un associé bien connu des familles mafieuses Gambino et Genovese, détient 25% de l’un de ses immeubles phares. On n’est donc pas entre inconnus entre Trump senior et la mafia.

En 1966, une enquête de l’État de New York le prend la main dans le sac en train de facturer 21000 dollars à l’État pour la location d’un camion-benne qui en vaut 3600. En 1973, le ministère de la Justice fédéral l’attaque pour discrimination raciale systématique dans 39 de ses propriétés. Les afro-américains se voyaient refuser des logements ou proposer des conditions différentes. C’est l’avocat Roy Cohn qui assura la défense en transformant l’accusation en cirque médiatique. Tiens donc ! Peut-être une méthode qui te rappelle quelqu’un d’actuel ? Mais le fond de l’affaire ne changera jamais.

L’enquête du New York Times publiée en 2018, récompensée par le prix Pulitzer et basée sur plus de 100000 documents confidentiels a mis au jour l’ampleur réelle du système familial. Fred et ses enfants ont créé une société fantôme baptisée All County Building Supply and Maintenance. Son principe était d’une simplicité désarmante : Plutôt que de payer directement ses fournisseurs, Fred Trump passait par All County qui majorait les factures de 20 à 50% avant de les lui refacturer. La différence atterrissait donc dans les poches des enfants Trump, déguisée sous forme de dépenses commerciales pour échapper à l’impôt sur les donations. Au total, la famille a transféré plus d’un milliard de dollars aux enfants via 295 flux de revenus distincts en ne payant que 52 millions d’impôts là où la facture aurait dû dépasser les 550 millions. Des experts consultés par le Times ont qualifié le système de fraude fiscale potentiellement criminelle.

Donald Trump lui-même a reçu au moins 413 millions de dollars de son père par ce biais, et ce dès l’âge de trois ans. Tu ne trouves pas qu’il y a déjà un gros parfum de mafia ?

La mafia américaine est un monde bien plus complexe que ce qu’Hollywood nous a montré

Avant d’aller plus loin, il est indispensable de faire une petite parenthèse sur le monde de la mafia américaine. Parce que si tu ne comprends pas ce monde, tu ne pourras pas comprendre ce qui va suivre. Et crois-moi, ça en vaut vraiment la peine.

Quand on parle de mafia aux États-Unis, la plupart des gens visualisent immédiatement les Corleone, Al Pacino et des types en costumes bien coupés qui se retrouvent dans des arrière-salles de restaurants italiens. C’est tout à fait compréhensible. Hollywood a fait un travail de communication remarquable pour la famille italo-américaine. Mais la réalité est à la fois plus simple et infiniment plus complexe.

Au départ il y a la mafia italienne. Celle des Cinq Familles de New York a effectivement dominé le crime organisé américain pendant une grande partie du XXème siècle. Gambino, Genovese, Bonanno, Lucchese et Colombo. Ces familles contrôlaient les syndicats du bâtiment, le béton, les camionneurs, les docks et une large partie de l’économie souterraine de New York. Leur puissance était réelle et bien documentée. Mais à partir des années 1980, les grands procès RICO les ont décimées. Les boss tombaient les uns après les autres et l’organisation s’est fragilisée.

C’est précisément à ce moment qu’un autre monde criminel a commencé à prendre de l’importance sur le sol américain. Parce qu’avec les premières vagues d’émigration soviétique dans les années 1970, des milliers de ressortissants de l’URSS ont débarqué aux États-Unis. Parmi eux, un nombre significatif de criminels endurcis. Le KGB avait d’ailleurs délibérément facilité leur départ en utilisant le statut d’émigrant juif comme couverture commode pour se débarrasser d’individus encombrants tout en les maintenant comme des ressources activables à l’étranger.

Mais ce que l’on appelle par commodité la “mafia russe” n’est en réalité ni vraiment russe ni vraiment juive. C’est un mélange de Géorgiens, d’Ukrainiens, de Moscovites, d’Azerbaïdjanais et d’autres nationalités soviétiques qui se sont regroupés à Brighton Beach, Brooklyn, et qui ont rapidement développé leurs activités avec une brutalité et une sophistication financière qui ont impressionné jusqu’au FBI. Leur terrain de jeu c’était la prostitution, la drogue, la fraude financière, le blanchiment via l’immobilier, le racket aux carburants… Leurs méthodes étaient rodées par des années de système D dans l’économie soviétique.

Ces deux mondes, l’italien et le russo-soviétique, ne se sont pas ignorés. Ils se sont parfois affrontés mais ont été régulièrement associés lorsqu’il s’agissait de faire du profit. La frontière entre eux n’a jamais été aussi étanche que les films voudraient nous le faire croire. Des avocats travaillaient pour les deux. Des immeubles servaient aux deux. Des pots-de-vin allaient dans les deux directions… Bref, ce qu’il faut retenir c’est une réalité simple : Donald Trump s’est retrouvé au carrefour de tout ça et il en était l’un des acteurs. Et d’ailleurs, il n’a jamais cessé de l’être.

Donald Trump dans les années 1970 c’est le fils à papa qui voulait conquérir Manhattan

Donald Trump grandit dans le Queens, dans l’ombre d’un père puissant et fortuné qui règne sur son empire immobilier d’une main de fer. Fred Trump est un requin dans son milieu. Son territoire c’est Brooklyn, le Queens et Staten Island. Des quartiers populaires, des logements sociaux et de la brique ordinaire. Pas très glamour.

Mais Donald veut autre chose. Il voit beaucoup plus grand. Il rêve de bling-bling. Il veut Manhattan ! Il veut les gratte-ciels, les dorures, les unes des journaux… Bref, il veut être plus grand que papa. Et c’est précisément cette ambition démesurée qui va le conduire exactement là où il fallait s’y attendre compte tenu de l’environnement familial dans lequel il a baigné depuis sa naissance. A savoir : la mafia !

En 1971, il prend les rênes de l’entreprise familiale et commence à lorgner sur Manhattan. Mais Manhattan c’est un autre monde. Un monde où les projets se chiffrent en centaines de millions de dollars, où les syndicats du bâtiment sont verrouillés par la mafia italienne et où il faut avoir les bons contacts pour espérer sortir le moindre projet de terre.

Alors les ennuis arrivent très rapidement. En 1973, le ministère de la Justice fédéral attaque la Trump Organization pour discrimination raciale systématique dans 39 propriétés. Les afro-américains se voyaient refuser des logements ou proposer des conditions délibérément dissuasives. C’était une affaire sérieuse qui pouvait faire très mal. Et c’est là qu’entre à nouveau en scène le sulfureux Roy Cohn.

Cohn est l’avocat le plus redouté de New York. Ancien bras droit du sénateur McCarthy pendant la chasse aux sorcières anticommuniste des années 1950, il est ensuite devenu l’avocat attitré des Cinq Familles de la mafia new-yorkaise avec pour client : Fat Tony Salerno pour les Genovese, Paul Castellano pour les Gambino et Carmine Galante pour les Bonanno. Il représentait également Rupert Murdoch, l’archidiocèse catholique de New York et quelques politiciens corrompus pour faire bonne mesure. Roy Cohn c’est le genre de personnage qui connaissait tout le monde et que tout le monde craignait.

Sa stratégie pour défendre Trump était celle qu’il appliquait systématiquement à tous ses clients : attaquer plutôt que défendre. Il déposa donc immédiatement une contre-plainte de 100 millions de dollars contre le gouvernement fédéral. Puis il qualifia les accusations d’irresponsables et d’infondées, et organisa une conférence de presse tonitruante. L’affaire se réglera à l’amiable en 1975 sans que Trump n’admette la moindre faute. Tiens donc ! En 1978, la Trump Organisation récidiva et viola les termes de l’accord. Cohn repartit au combat, toujours avec la même arrogance.

Trump reste à jamais fasciné par cet homme. Dans son rouleau de papier toilette “The Art of the Deal” publié en 1987, il a écrit noir sur blanc : “Ce que j’aimais le plus chez Roy Cohn, c’est qu’il faisait exactement l’inverse des gens qui se vantent de leur intégrité”. Une déclaration d’une franchise confondante sur ses propres valeurs.

Mais Cohn ne lui apporta pas seulement une méthode. Il lui apporta surtout un réseau mafieux d’un niveau supérieur. Et notamment une introduction auprès de Fat Tony Salerno, le boss des Genovese, qu’il rencontra personnellement dans le townhouse de Cohn à Manhattan en 1983. Une rencontre qui va avoir des conséquences très concrètes et très rentables pour Trump et ses nouveaux amis…

Donald Trump dans les années 1980 : Quand la mafia s’installe carrément dans la Trump Tower

La Trump Tower ouvrit ses portes en 1983. C’était une tour de verre au cœur de Manhattan pour refléter un symbole de réussite et d’ambition future. Sauf que la tour n’était pas construite en acier. Elle était construite en béton.

Ce détail technique était en réalité une décision hautement politique. Parce qu’à New York dans les années 1980, le béton c’était la mafia ! La société S&A Concrete, secrètement contrôlée par Fat Tony Salerno des Genovese et Paul Castellano des Gambino, détenait un quasi-monopole sur le béton à Manhattan. Donc, tout promoteur qui voulait construire un immeuble de plus de deux millions de dollars était fortement encouragé à passer par S&A, à des prix gonflés bien entendu. Refuser leur offre signifiait automatiquement grèves, sabotages et chantiers à l’arrêt.

De ce fait, la plupart des promoteurs new-yorkais choisissaient l’acier précisément pour éviter cette dépendance. Mais Trump a choisi le béton. Et pas seulement pour la Trump Tower. Pour le Trump Plaza également. L’investigateur Wayne Barrett, qui suivait Trump depuis ses débuts, documenta que Trump “était allé bien plus loin dans cette relation que ce que la situation imposait”. Ce n’était pas de la contrainte. C’était bien au contraire un choix délibéré.

La rencontre avec Fat Tony Salerno en personne dans le townhouse de Roy Cohn à Manhattan en 1983 éclaire ce choix. On ne se retrouve pas autour d’une table avec le boss des Genovese pour parler de la pluie et du beau temps. Trump savait exactement avec qui il faisait des affaires. Et il appelait S&A “d’excellents contractants” et les qualifiaient de “phénoménaux” encore en 2015 dans le Wall Street Journal.

Et pendant que la mafia italienne coulait le béton de ses tours, une autre clientèle commençait à s’intéresser de très près à ses appartements. Une clientèle venue de Brighton Beach et Brooklyn, où s’était installée depuis les années 1970 une communauté criminelle d’origine soviétique particulièrement prospère.

En 1984, David Bogatin, figure importante du crime organisé russo-américain, acheta cinq appartements dans la Trump Tower pour six millions de dollars en cash. Trump assista personnellement à la signature. Bogatin fut par la suite condamné pour avoir participé à une gigantesque arnaque aux carburants. Avant de fuir les États-Unis, il remit les hypothèques de ses cinq appartements à un associé des Genovese. Les fonds furent transférés via une banque contrôlée par la mafia à Chelsea. Le gouvernement arriva ensuite à saisir les appartements en déclarant qu’ils avaient été achetés pour blanchir de l’argent.

Ce n’était que le début. Vyacheslav Ivankov, l’un des lieutenants clés de Semion Mogilevich, le parrain de la mafia russe internationale, s’installa lui aussi à la Trump Tower pendant que le FBI le cherchait activement. Quand les agents finirent par le localiser, ils découvrirent dans son carnet d’adresses personnel les numéros de téléphone et de fax privés de la Trump Organisation.

Le summum fut atteint au 51ème étage de la tour. Une opération de jeu illégale d’envergure internationale y était tranquillement installée. Elle était dirigée par Anatoly Golubchik et Vadim Trincher, citoyen à la fois américain et israélien. Le réseau était connecté à Alimzhan Tokhtakhounov, surnommé “le Petit Taïwanais”, l’un des chefs de la mafia russe les plus notoires au monde dont l’organisation était liée à Mogilevich selon Interpol. En 2008, Forbes le classait troisième homme le plus recherché au monde après Oussama Ben Laden et El Chapo. Le procureur américain en charge du dossier décrivit l’opération comme “le sommet du sommet du crime organisé en Russie”. Et Tokhtakhounov opérait depuis Trump Tower à seulement trois étages du penthouse de Trump.

C’est précisément cette affaire qui fut instruite par Preet Bharara, alors procureur fédéral à Manhattan, réputé pour être l’un des magistrats les plus redoutables du pays en matière de criminalité financière et de corruption. En janvier 2017, quelques jours après son investiture, Trump le limogea. Comme par hasard ! Bharara avait pourtant reçu l’assurance personnelle de Trump qu’il serait maintenu dans ses fonctions.

Ce lien entre la mafia russo-soviétique et Israël n’était pas anodin. La mafia russo-juive opérait simultanément depuis trois bases : Brighton Beach à New York, Moscou et Tel Aviv parce que Israël représentait un havre de paix particulièrement apprécié pour la mafia grâce à l’absence de traité d’extradition pour ses ressortissants et grâce à un système bancaire suffisamment opaque pour faciliter le blanchiment. C’est pour cette raison que des criminels comme Tokhtakhounov détenaient la double nationalité russo-israélienne et circulaient librement entre ces trois mondes. C’est dans cet écosystème que gravitaient également de jeunes ambitieux comme Felix Sater, gamin de Brighton Beach né à Moscou, qui allait devenir quelques années plus tard un personnage central de l’histoire Trump.

Dans ce même New York des années 1980, un autre jeune homme ambitieux cherchait à se faire une place dans la haute société. Jeffrey Epstein fréquentait les mêmes cercles mondains que Trump, les mêmes fêtes et les mêmes clubs branchés. C’était un escroc habile et séduisant qui savait se rendre utile auprès des puissants. À cette époque, il était simplement le copain de bringue. Rien de plus. Sa véritable histoire appartient à une autre décennie.

Pendant ce temps, dans le même secteur immobilier new-yorkais, un certain Steve Witkoff construisait lui aussi sa carrière. Même milieu, mêmes réseaux, mêmes opportunités… Et les chemins de ces différents personnages allaient finir par se croiser d’une manière que personne n’aurait pu imaginer à l’époque.

Le Donald Trump des années 1990 c’est les faillites, la survie et l’argent russe

Les années 1990 commencèrent très mal pour Donald Trump. Très mal même ! Entre 1991 et 1994, ses entreprises accumulèrent six faillites successives. Casinos, hôtels et immeubles. Tous s’effondraient les uns après les autres. Le Trump Taj Mahal à Atlantic City, financé avec 675 millions de dollars d’obligations pourries à 14% d’intérêt, déposa le bilan seize mois seulement après son ouverture. Au total, ses entreprises perdirent 1,17 milliard de dollars entre 1985 et 1994. Une somme tellement colossale que le New York Times estima qu’il avait perdu plus d’argent que pratiquement n’importe quel autre contribuable américain sur cette période.

Aucune grande banque américaine ne voulait plus lui prêter. Chase, Citibank, Goldman Sachs lui avaient fermé leurs portes. Son père Fred continua discrètement à le renflouer via All County Building Supply, la société fantôme familiale, en lui transférant des dizaines de millions supplémentaires déguisés en dépenses commerciales. Mais ce n’était pas suffisant pour les projets que Trump avait en tête.

C’est dans ce contexte de quasi-faillite personnelle qu’une solution providentielle se présenta. En 1998, la Deutsche Bank accepta de lui prêter ce que personne d’autre ne voulait lui accorder. Cela venait du fait que la banque allemande cherchait à s’établir solidement aux États-Unis et était prête à prendre des risques que ses concurrentes refusaient. Ce qui n’était pas encore connu du grand public à l’époque, c’est que cette même Deutsche Bank était simultanément au cœur d’un gigantesque système de blanchiment d’argent russe. Pour preuve, entre 2011 et 2015, ses branches de Moscou et Londres allaient exécuter des “mirror trades” déplaçant environ 10 milliards de dollars hors de Russie au profit d’associés de Poutine. Et la division qui gérait les comptes de Trump était la même que celle impliquée dans ces opérations. Comme par hasard !

Pendant que Trump cherchait désespérément de l’argent pour survivre, la chute de l’URSS en 1991 avait déclenché un phénomène d’une ampleur considérable. Des centaines de milliards de dollars d’argent sale cherchaient à quitter la Russie et les anciennes républiques soviétiques pour trouver refuge en Occident. L’immobilier américain, et particulièrement new-yorkais, représentait à l’époque la destination idéale. Pas de vérification d’identité obligatoire pour les acheteurs via des sociétés écrans, pas de questions sur l’origine des fonds et des paiements en cash acceptés sans sourciller.

Les tours Trump étaient parfaitement positionnées pour absorber ces flux. Bloomberg Businessweek documenta qu’un tiers des unités vendues aux étages supérieurs de Trump World Tower entre 1996 et 2004 impliquaient des personnes ou des sociétés liées à la Russie ou aux anciennes républiques soviétiques. Par ailleurs, la courtière Dolly Lenz déclara avoir vendu personnellement environ 65 unités à des acheteurs russes dans les propriétés Trump. Donald Trump Jr. résuma la situation avec une franchise désarmante en 2008 lors d’une conférence immobilière : “Les Russes représentent une proportion disproportionnée de beaucoup de nos actifs. Nous voyons beaucoup d’argent affluer de Russie”.

C’est également dans cette décennie que Felix Sater, le gamin de Brighton Beach né à Moscou dont nous avons déjà croisé le nom, commença à construire sa propre trajectoire criminelle. En 1998, il fut condamné pour avoir participé à une fraude boursière de 40 millions de dollars montée avec les familles mafieuses Genovese et Bonanno. Mais plutôt que d’aller en prison, il choisit de devenir informateur du FBI et de la CIA en fournissant des renseignements sur la mafia russo-américaine et des réseaux liés aux services de renseignement. Cette double casquette de criminel condamné et d’informateur gouvernemental allait lui permettre de réapparaître quelques années plus tard dans l’entourage immédiat de Trump via Bayrock Group, dont les bureaux s’installèrent deux étages sous la Trump Organization dans Trump Tower. Comme par hasard !

Le lien structurel entre la mafia russo-soviétique, New York et Israël se consolida considérablement dans cette décennie. La chute de l’URSS avait accéléré les allers-retours entre Brighton Beach, Moscou et Tel Aviv. Des figures comme Semion Mogilevich, considéré par le FBI comme le parrain de la mafia russe internationale, opéraient depuis Budapest mais coordonnaient des réseaux s’étendant simultanément sur trois continents. Durant ce temps, Israël continuait de représenter un havre particulièrement apprécié toujours grâce à l’absence de traité d’extradition pour ses ressortissants et à un système bancaire accommodant pour la mafia. Des criminels qui détenaient couramment la double ou triple nationalité russo-ukrainienne-israélienne pouvaient donc circuler librement entre ces mondes.

Steve Witkoff, quant à lui, continuait de construire son empire immobilier new-yorkais dans ce même environnement. En 2010, il allait écrire une lettre de recommandation pour Anatoly Golubchik, identifié par les enquêteurs comme une figure senior de la mafia russo-américaine connectée à Mogilevich via la société écran Lytton Ventures. Pour mémoire, Golubchik était lié à un réseau de jeux illégaux basé dans Trump Tower. Tout ce petit monde se croisait donc en permanence. Décidément, le hasard…

Jeffrey Epstein, de son côté, montait progressivement en puissance dans les cercles mondains new-yorkais et commençait à étendre son réseau international. Il fréquentait Trump, partageait ses fêtes et gravitait dans les mêmes sphères. Mais à ce stade de l’histoire, il restait le copain de bringue. Rien de plus.

Dans les années 2000, Poutine entre en scène et l’argent russe coule à flots

Avant de continuer, il faut s’arrêter sur un personnage dont les médias occidentaux ont longtemps entretenu une image romantique et fantasmée. Je veux parler de Vladimir Poutine ! L’ancien agent du KGB, l’homme de l’ombre, le stratège froid et calculateur sorti des entrailles des services secrets soviétiques qui serait une sorte de James Bond russe dans toute sa splendeur… Sauf que la réalité est beaucoup plus prosaïque. Et beaucoup plus éclairante pour comprendre la suite.

En réalité, Poutine n’était pas un grand espion. Il était juste un agent du KGB de rang intermédiaire, stationné à Dresde en Allemagne de l’Est, dont la mission principale consistait à recruter des informateurs dans la population locale. Pas vraiment le profil du maître espion que la légende lui a collé. Et quand l’URSS s’effondra en 1991, il rentra à Saint-Pétersbourg les mains vides et décrocha un poste de conseiller municipal auprès du maire Anatoly Sobchak.

Mais c’est à Saint-Pétersbourg dans les années 1990 que le vrai Poutine se révéla. La ville était alors une des plaques tournantes les plus actives de la mafia russo-soviétique post-URSS. Les Tambovskaya et Malyshevskaya, deux des organisations criminelles les plus puissantes de Russie, y régnaient en maîtres. Poutine gérait les licences d’exportation de la ville et plusieurs enquêtes documentèrent ses connexions directes avec ces organisations criminelles. Une commission d’enquête municipale recommanda même sa démission en 1992 pour corruption. Sobchak l’enterra discrètement.

Ce n’était donc pas un agent des services secrets qui gravissait les échelons du pouvoir. C’était un mafieux de Saint-Pétersbourg qui utilisait ses connexions politiques pour consolider sa position. Donc, quand il fut élu président en 2000, ce n’était pas l’État russe qui prenait le contrôle de la mafia. C’était la mafia qui prenait le contrôle de l’État russe. Et la “mise au pas” des oligarques qui suivit ne relevait pas de la politique économique. C’était juste un parrain qui consolidait son territoire en éliminant les concurrents qui refusaient de lui obéir. Et avec Berezovsky exilé à Londres et Khodorkovski en prison, les autres se sont vite alignés.

Cette précision est fondamentale pour comprendre la relation entre Poutine et Trump. On n’est absolument pas dans une histoire compliquée d’espionnage avec recrutement d’agents et de messages codés. On est dans une simple histoire de mafia où deux hommes issus de deux mondes criminels pas vraiment différents ont fini par se rendre des services mutuels parce que leurs intérêts convergeaient.

Et pendant que Poutine consolidait son empire à Moscou, Trump traversait lui aussi une période charnière. Ses faillites à répétition lui avaient fermé les portes de toutes les grandes banques américaines. La Deutsche Bank restait donc son dernier recours. En 2004, il fit défaut sur un prêt de 640 millions de dollars et eut l’audace de poursuivre la banque pour 3 milliards en arguant que c’était elle qui avait provoqué la crise financière. Mais la Deutsche Bank lui reprêta quand même via sa division Private Wealth Management qui était pilotée par sa banquière personnelle Rosemary Vrablic. De son coté, Justin Kennedy, fils du juge de la Cour Suprême Anthony Kennedy, avait facilité les premières relations avec cette division. C’était la même division qui gérait simultanément les comptes d’oligarques russes et qui allait se retrouver au cœur du scandale des mirror trades russes quelques années plus tard.

C’est également en 2004 que NBC lança The Apprentice. Cette émission de télé poubelle fut une véritable bouée de sauvetage providentielle pour Trump. Sans elle, une septième faillite était inévitable. Mais grâce à ça, entre 2004 et 2018, Trump perçut 427 millions de dollars de l’émission et des contrats de licence qu’elle généra. Pour la première fois depuis des années, il respirait financièrement. Ce qui n’a jamais empêché ses connexions avec les réseaux mafieux russo-soviétiques de continuer en parallèle comme si de rien n’était.

D’ailleurs, Felix Sater, le gamin de Brighton Beach condamné pour fraude mafieuse et devenu informateur du FBI, réapparut dans le décor via Bayrock Group dont les bureaux s’installèrent deux étages sous la Trump Organization dans la Trump Tower. Bayrock développa avec Trump le projet Trump SoHo, un hôtel dont Trump ne possédait rien. Juste son nom sur la façade en échange de royalties. L’OCCRP, le consortium international de journalistes d’investigation, a pu retracer 440 millions de dollars liés à la méga fraude kazakhe d’Ablyazov transitant par Trump SoHo via la banque FBME, sanctionnée pour blanchiment. Sater lui-même résuma l’ambition du projet dans un email envoyé à Michael Cohen en novembre 2015 : “Notre bonhomme peut devenir président des États-Unis et on peut arranger ça. Je vais rallier toute l’équipe de Poutine à notre cause”.

Malgré le succès télévisuel, l’argent russe continua à affluer massivement dans les propriétés de Trump. En 2008, Dmitry Rybolovlev, milliardaire russe de l’industrie des engrais, acheta le manoir de Palm Beach de Trump pour 95 millions de dollars via une société écran anonyme. Trump l’avait payé 41 millions quatre ans plus tôt. Rybolovlev n’y habita jamais et la propriété fut démolie en 2016. Intrigué par ce fait, le sénateur Ron Wyden demanda une enquête au Trésor. Du coup, l’équipe de Mueller examina la transaction… Et aucune conclusion publique ne fut jamais rendue ! Le hasard encore…

Le réseau Chabad-Loubavitch constituait un fil conducteur discret mais omniprésent dans toutes ces connexions. Poutine entretenait une relation étroite avec le rabbin Berel Lazar, surnommé “le rabbin de Poutine.” Ce citoyen américain d’origine italienne était devenu grand rabbin de Russie via une structure juive créée de toutes pièces par Poutine avec l’appui d’Abramovich et de Lev Leviev.

Felix Sater était lui aussi affilié au mouvement Chabad. Né à Moscou, élevé à Brighton Beach par un père lieutenant de la mafia russo-américaine directement connecté à Mogilevich, il fut condamné en 1998 pour une fraude boursière de 40 millions de dollars montée avec les familles Genovese et Bonanno. Puis il est devenu informateur du FBI et de la CIA pour éviter la prison. Bref, c’est un personnage qui résume à lui seul tous les fils de cette histoire. Avec Chabad en plus.

Tout comme Jared Kushner qui allait devenir le gendre de Trump. Pratiquant Chabad fervent, dont le rabbin de Harvard témoignait qu’Israël était pour lui sa famille, sa vie et son peuple. A noter que Netanyahou dormait dans sa chambre quand il visitait New York. Eh oui ! Il s’agit bien de ce même Kushner qui allait des années plus tard négocier les dossiers les plus sensibles de la présidence Trump aux côtés de Witkoff. Mais que le monde est petit ! Toujours ce même réseau transnational qui traversait donc simultanément Moscou, Tel Aviv et New York avec une fluidité remarquable. Du hasard encore !

Jeffrey Epstein, de son côté, continuait sa montée en puissance mondaine. En 2002, Trump déclara au New York Magazine qu’il était “un homme formidable” qui “aimait les très jeunes femmes, dont beaucoup sont très jeunes”. Virginia Giuffre, l’une des principales victimes d’Epstein, fut recrutée comme employée au spa de Mar-a-Lago à l’âge de 16 ans. En 2004, Epstein aurait agressé une mineure lors d’une fête organisée par Trump. Mais dans le récit qui nous occupe, Epstein restait à ce stade ce qu’il avait toujours été. C’est-à-dire un escroc habile et mondain qui cherchait à se rendre indispensable auprès des puissants. Le copain de bringue et pourquoi pas des orgies ? Mais une fois de plus, c’est un tout autre sujet.

Steve Witkoff de son coté continuait lui aussi à construire son empire immobilier dans ce même écosystème new-yorkais. Même milieu, mêmes réseaux, mêmes opportunités. Et sa trajectoire allait croiser celle de Trump de manière de plus en plus étroite dans les années suivantes.

2010-2017 : Comment la mafia a mis son homme à la Maison Blanche ?

En 2010, Steve Witkoff signa une lettre de recommandation pour Anatoly Golubchik, identifié par les enquêteurs fédéraux comme une figure senior de la mafia russo-américaine connectée à Semion Mogilevich via la société écran Lytton Ventures. Golubchik c’est toujours le même qui était lié au réseau de jeux illégaux qui opérait depuis le 51ème étage de la Trump Tower.

Witkoff et Trump fréquentaient les mêmes cercles depuis des années. Leurs empires immobiliers respectifs s’étaient construits dans le même écosystème, avec les mêmes financeurs et les mêmes réseaux. Ce détail, passé totalement inaperçu à l’époque, allait prendre une importance considérable quelques années plus tard.

Pendant ce temps, la Deutsche Bank continuait à jouer son rôle de lessiveuse géante. Entre 2011 et 2015, ses branches de Moscou et Londres exécutèrent des “mirror trades” qui déplacèrent environ 10 milliards de dollars hors de Russie au profit d’associés de Poutine. Le mécanisme était d’une simplicité redoutable : Un client achetait des actions russes en roubles à Moscou pendant qu’une entité liée vendait les mêmes actions en dollars à Londres. L’argent sale entrait en Russie et ressortait propre en Occident.

La banque paya 630 millions de dollars d’amende en 2017. Ce qui ne fut jamais établi publiquement, c’est que cet argent transitait par la même entité juridique américaine qui gérait les comptes de Trump. La même division et les mêmes banquiers !

Tammy McFadden, compliance officer dans l’agence de Jacksonville, découvrit que des transactions suspectes impliquant Trump et Kushner avaient été signalées en interne puis délibérément bloquées par la hiérarchie. Elle fut licenciée en 2018. Thomas Bowers, le directeur de la division Private Wealth Management qui avait signé les prêts Trump et géré les comptes d’Epstein, fut retrouvé mort pendu dans sa villa de Malibu en novembre 2019. Le FBI cherchait à l’interroger sur les connexions bancaires de Epstein. Sa mort fut classée en suicide. Parfois, le hasard complique les choses…

En novembre 2013, Trump se rendit à Moscou pour la finale de Miss Univers. L’événement était financé par Aras Agalarov, un milliardaire azerbaïdjanais dont les connexions avec le Kremlin étaient documentées. Les enregistrements de vol prouvèrent que Trump passa exactement 45 heures et 43 minutes à Moscou, contrairement à ce qu’il affirma ensuite à James Comey en lui assurant n’avoir jamais passé la nuit en Russie. Ses notes de frais à l’hôtel Ritz-Carlton incluaient 720 dollars au bar du toit, 306 dollars de chicha et 146 dollars de minibar. Keith Schiller, son chef de la sécurité, témoigna sous serment qu’un intermédiaire russe avait proposé d’envoyer cinq femmes dans la suite de Trump. Il affirma avoir décliné l’offre au nom de Trump et être resté devant la porte de la suite pendant un moment avant de se retirer.

Ce qui se passa ensuite dans cette suite reste l’une des questions les plus brûlantes de toute cette histoire. Le dossier Steele, rédigé par Christopher Steele, ex-chef du bureau Russie du MI6 britannique après 22 ans de carrière dont quatre années undercover à Moscou, mentionne un épisode compromettant dans cette même suite du Ritz-Carlton.

Steele était un professionnel sérieux dont les informations sur la Russie avaient été jugées suffisamment crédibles par le FBI pour ouvrir une enquête formelle. Mais ses affirmations spécifiques sur cette nuit de novembre 2013 n’ont jamais été prouvées… et jamais été réellement démenties non plus.

Ce qui est certain en revanche, c’est le profil psychologique et comportemental de Donald Trump. Son goût pour les prostituées est documenté. Stormy Daniels, Karen McDougal, les accusations répétées de comportement prédateur… Dans un pays aussi puritain que les États-Unis, une vidéo compromettante représente une arme nucléaire politique. Trump le savait. Et ceux qui auraient pu détenir un tel document le savaient aussi.

Mais il faut ici recadrer la notion de kompromat. Trump n’est pas une victime dans cette histoire. C’est juste un gros porc qui s’est mis lui-même en situation d’être piégé à de multiples reprises tout au long de sa vie. La mafia fonctionne ainsi depuis toujours. Elle ne force personne. Elle crée juste les conditions. Elle attend. Et elle récolte. Le FSB n’avait donc pas besoin d’organiser quoi que ce soit de sophistiqué avec Trump. Il suffisait simplement de le laisser être lui-même.

Mélania Knauss fit son apparition dans ce tableau à la fin des années 1990. Originaire de Slovénie, ancienne république yougoslave, elle était arrivée à New York via Milan en passant par des agences de mannequinat liées aux circuits d’Europe de l’Est. Son visa de travail “Einstein”, réservé aux personnes aux “capacités extraordinaires”, fut obtenu dans des conditions que ses avocats n’ont jamais vraiment clarifiées. Elle fréquentait les mêmes cercles mondains que Trump et Epstein. Les mêmes fêtes et les mêmes clubs. Trump l’épousa en 2005. Epstein fut invité au mariage. Encore le fruit du hasard.

En mars 2016, Paul Manafort rejoignit la campagne Trump à titre gratuit. Oui, tu as bien lu : Gratuit ! Pour diriger la campagne présidentielle du candidat républicain. Manafort avait passé la décennie précédente à travailler pour Viktor Ianoukovitch, le président ukrainien pro-russe chassé par la révolution de Maïdan, empochant au passage plus de 60 millions de dollars sans jamais s’enregistrer comme agent étranger. Il détenait aussi un contrat de 10 millions de dollars annuels avec Oleg Deripaska, l’oligarque décrit dans les câbles diplomatiques américains comme “l’un des deux ou trois oligarques vers lesquels Poutine se tourne régulièrement”. Ce contrat stipulait explicitement qu’il travaillerait à “influencer la politique, les transactions commerciales et la couverture médiatique au profit du gouvernement de Poutine”.

Pourquoi un homme de cette envergure acceptait-il de travailler gratuitement pour Trump ? Au delà du hasard, la réponse se trouve dans les conclusions du rapport bipartisan du Senate Intelligence Committee publié en août 2020 : Manafort partageait régulièrement les données internes des sondages de la campagne Trump avec Konstantin Kilimnik, officiellement consultant politique ukrainien, officiellement identifié par le Sénat américain comme “officier du renseignement russe”. Ces données incluaient des analyses détaillées des électeurs de Michigan, Wisconsin, Pennsylvanie et Minnesota. Ces quatre États furent précisément ceux qui basculèrent en faveur de Trump avec des marges infimes en novembre 2016. En avril 2021, le Trésor américain confirma que Kilimnik avait transmis ces données aux services de renseignement russes. Manafort fut condamné. Trump le gracia. Que dire de plus ?

Pendant que Manafort opérait à l’intérieur de la campagne, une infrastructure de manipulation numérique massive était déployée à l’extérieur. L’Internet Research Agency de Saint-Pétersbourg, financée par Yevgeny Prigojine dit “le cuisinier de Poutine”, employait entre 400 et 1000 personnes avec un budget mensuel atteignant 1,25 million de dollars. Ses opérations touchèrent jusqu’à 126 millions d’utilisateurs Facebook américains via de faux comptes, de faux groupes et de la publicité ciblée. Black Matters, Being Patriotic, Secured Borders… Des centaines de groupes fictifs soigneusement conçus pour amplifier les divisions raciales, politiques et sociales américaines.

Cambridge Analytica, financée par le milliardaire Robert Mercer et dirigée par Steve Bannon, opérait en parallèle avec des méthodes différentes mais complémentaires. La société avait volé les données psychographiques de 87 millions d’utilisateurs Facebook via une application développée par le chercheur Aleksandr Kogan. Ces données permettaient de modéliser la personnalité de 230 millions d’Américains selon le modèle OCEAN et de cibler avec une précision chirurgicale les électeurs “persuadables” dans les États clés.

WikiLeaks complétait le dispositif. L’organisation de Julian Assange publia les emails volés du Parti démocrate et de John Podesta au moment le plus opportun pour la campagne Trump. Mueller établit que Guccifer 2.0, la prétendue source de WikiLeaks, était en réalité un officier du renseignement militaire russe. Roger Stone, conseiller de longue date de Trump, communiquait directement avec Guccifer 2.0 via Twitter pendant la campagne. Le 7 octobre 2016, deux heures après la publication de la vidéo Access Hollywood où Trump vantait ses agressions sexuelles, WikiLeaks publia les emails de Podesta. Pourquoi ? Parce que Stone avait demandé à WikiLeaks de publier immédiatement pour allumer un contre-feu. Stone fut condamné. Trump le gracia. Que dire de plus ?

Octobre 2015. En pleine campagne présidentielle, Trump signa une lettre d’intention pour construire une Trump Tower à Moscou. Michael Cohen contacta directement le bureau de presse de Poutine par email pour demander de l’aide. Les négociations se poursuivirent jusqu’en juin 2016… pendant que Trump niait publiquement avoir le moindre intérêt en Russie. Cohen mentit au Congrès sur le timing de ces négociations. Il plaida coupable. Mais malheureusement pour lui, avec la mafia il n’y a aucune grâce pour ceux qu’elle considère comme des traîtres.

Le 16 juillet 2018, trois jours après que Mueller eut inculpé par leur nom 12 officiers du GRU pour l’ingérence électorale de 2016, Trump se retrouva face à Poutine à Helsinki. Devant les caméras du monde entier, il déclara : “Mes services de renseignement sont venus me voir et m’ont dit que c’était la Russie. Le président Poutine vient de me dire que ce n’est pas la Russie. Je ne vois pas pourquoi ce serait la Russie”. L’ancien directeur de la CIA John Brennan qualifia cette déclaration de “rien de moins que de la trahison”. L’ancien officier de la CIA et congressman républicain Will Hurd écrivit : “Je n’aurais jamais cru voir le jour où un président américain serait l’un d’eux”, en référence aux personnes manipulées par le renseignement russe.

Le tête-à-tête entre Trump et Poutine dura deux heures et onze minutes. Aucun collaborateur américain n’était présent. Aucune note officielle n’existe. Trump confisqua les notes de l’interprète après leur rencontre de Hambourg en 2017 et lui interdit de parler de ce qui s’était dit. Cinq rencontres privées avec Poutine. Aucune trace officielle. Plutôt bizarre, pas vrai ?

Revenons maintenant à novembre 2016 et à l’élection de Donald Trump. Fils d’une famille corrompue depuis trois générations. Formé par l’avocat de la mafia italienne le plus redouté de New York. Constructeur d’immeubles financés par le béton de Salerno et les dollars cash de la mafia russo-soviétique de Brighton Beach. Client d’une banque simultanément impliquée dans le plus grand scandale de blanchiment russe de l’histoire moderne. Propriétaire de tours servant de machines à blanchir pour des oligarques post-soviétiques. Patron d’une campagne dont le directeur partageait les données stratégiques avec le renseignement russe. Cible potentielle d’un kompromat sexuel facilité par son propre comportement de prédateur documenté…

Au final, ce gars n’est pas un espion recruté par le KGB. Ce n’est pas non plus une marionnette télécommandée depuis le Kremlin. En fait, c’est quelque chose de bien plus simple et de bien plus terrifiant. En réalité, c’est le résultat naturel et logique de quarante ans de corruption organique. Le bilan d’un homme tellement imbriqué dans les réseaux mafieux russo-américains qu’il n’a même plus besoin d’être contrôlé. Il fait juste naturellement ce qui arrange ses créanciers. Parce que c’est ce qui est dans son propre intérêt. Parce que c’est dans sa nature. Parce que c’est tout ce qu’il a toujours connu.

Charles Pasqua avait théorisé le contre-feu. Steve Bannon l’a industrialisé. Trump l’a élevé au rang de système de gouvernement. Et pendant que le monde entier se perdait dans les affaires dans les affaires dans les affaires… la mafia avait tranquillement mis son homme à la Maison Blanche pendant qu’un autre trônait déjà au Kremlin. Voilà toute l’histoire.

Comment coincer Trump ? Voici les pistes sérieuses qui n’ont pas encore été exploitées

Comment faire tomber Trump ? Voilà la vraie question ! Parce qu’après tout ce que l’on vient de lire, on est en droit de se demander comment un individu aussi manifestement corrompu a pu non seulement échapper à la prison pendant des années, mais surtout accéder au pouvoir suprême. La réponse honnête c’est qu’il existe de puissants leviers qui n’ont tout simplement pas encore été actionnés par manque de pression. Déjà, si l’opposition qu’est censée être le parti Démocrate faisait son boulot au lieu de courir comme des poulets sans tête à chaque déclaration de Trump on ne serait pas en train de subir cette situation intolérable.

La Deutsche Bank : Une affaire allemande avant tout

C’est sûrement la piste la plus prometteuse et paradoxalement la moins exploitée. La Deutsche Bank est une institution allemande soumise au droit allemand et à la supervision du BaFin, le régulateur financier fédéral allemand. Or, ce que la banque a fait avec les comptes de Trump et de Kushner constitue des violations documentées et graves de la législation allemande anti-blanchiment.

Les faits sont établis ! On récapitule : Des compliance officers internes ont préparé des Suspicious Activity Reports signalant des transactions suspectes impliquant Trump et Kushner. Ces rapports ont été délibérément bloqués par la hiérarchie de la banque. Tammy McFadden, l’une de ces compliance officers, a témoigné publiquement de ces faits. La même division bancaire gérait simultanément les comptes Trump, les comptes Epstein et les opérations de mirror trading russe qui ont sorti 10 milliards de dollars de Russie. Thomas Bowers, le directeur qui avait signé les prêts Trump et configuré les comptes Epstein est mort avant que le FBI puisse l’interroger. Il faut absolument faire pression au niveau de l’Allemagne pour relancer l’enquête !

On ne parle pas ici de secret bancaire. On parle de blanchiment à grande échelle et de complicité active d’une institution financière majeure. Le BaFin a le pouvoir et l’obligation légale d’ouvrir une enquête approfondie sur l’intégralité des transactions Trump et Epstein. Une telle enquête permettrait non seulement de remonter les flux financiers vers leur origine mais également d’identifier d’autres comptes liés aux mêmes réseaux. Les citoyens allemands ont parfaitement le droit d’exiger que leur régulateur financier fasse son travail. Des associations de défense des droits financiers comme Finanzwende en Allemagne pourraient porter cette demande. Des parlementaires européens pourraient saisir la Commission européenne sur la question de la supervision bancaire européenne. C’est un angle d’attaque concret, juridiquement fondé et politiquement difficile à enterrer.

Le rapport Mueller : Un scandale démocratique en soi

Le rapport Mueller fait 448 pages. Des pans entiers en sont caviardés ! William Barr, nommé par Trump, en a publié un résumé de quatre pages délibérément trompeur que Mueller lui-même a contesté par écrit en déclarant que ce résumé “ne capturait pas fidèlement le contexte, la nature et la substance” de son travail. Autrement dit, le procureur général des États-Unis a menti au peuple américain sur le contenu d’une enquête criminelle majeure.

Les 12 renvois criminels scellés contenus dans ce rapport n’ont jamais été expliqués publiquement. Vers quels tribunaux ont-ils été envoyés ? Quel est leur état d’avancement ? Ont-ils été enterrés sous la pression politique ? Ces questions n’ont pas de réponse publique. Des organisations comme la ACLU ou Citizens for Responsibility and Ethics in Washington disposent des outils juridiques pour demander la levée des scellés devant les tribunaux fédéraux compétents. Des journalistes d’investigation peuvent aussi déposer des demandes FOIA ciblées. En parallèle, La pression citoyenne coordonnée sur les élus du Congrès pour exiger une publication intégrale du rapport est parfaitement légitime et démocratiquement justifiée parce que c’est le rapport d’une enquête financée par l’argent public sur des faits d’intérêt public majeur. Le peuple américain a donc le droit d’en connaître l’intégralité.

Le Volume 2 de Jack Smith : Scellé mais pas enterré

Jack Smith a déclaré devant le Congrès que son enquête avait “développé des preuves suffisantes pour une condamnation au-delà de tout doute raisonnable”. Son Volume 2 sur l’affaire des documents classifiés a été scellé définitivement par la juge Aileen Cannon, comme par hasard nommée par Trump. Mais des recours juridiques existent. Des organisations de défense de la démocratie peuvent saisir des tribunaux d’appel pour contester ce scellage. La question constitutionnelle est claire : Une juge nommée par le prévenu peut-elle légitimement sceller indéfiniment un rapport d’enquête sur ce même prévenu ?

Les notes des interprètes sur les cinq réunions sans témoins

Trump a confisqué les notes de l’interprète américain après sa rencontre de Hambourg avec Poutine en 2017 et lui a interdit de parler de ce qui s’était dit. Cinq rencontres privées avec Poutine et aucune trace officielle américaine. L’organisation American Oversight a déjà engagé des poursuites judiciaires pour obtenir ces documents. Ces procédures méritent d’être soutenues et amplifiées. Les interprètes eux-mêmes, désormais libres de toute contrainte professionnelle, pourraient témoigner devant une commission d’enquête du Congrès si la composition politique de celui-ci le permettait un jour.

Les FinCEN Files et les Panama Papers : Un croisement jamais fait exhaustivement

L’ICIJ, le Consortium International des Journalistes d’Investigation, détient les bases de données des Panama Papers, des FinCEN Files et des Pandora Papers. Le croisement systématique de ces données avec l’ensemble des entités de la Trump Organisation n’a jamais été réalisé de manière exhaustive et publique. C’est un travail d’investigation colossale mais faisable. Des demandes formelles au FinCEN via le Freedom of Information Act pour obtenir les SARs Trump et Kushner qui ont été bloqués en interne à la Deutsche Bank constituent une piste juridiquement solide.

Preet Bharara et l’enquête enterrée sur Trump Tower

Preet Bharara menait une enquête active sur le réseau de jeux illégaux du 51ème étage de Trump Tower quand Trump le limogea en janvier 2017 après lui avoir personnellement promis qu’il serait maintenu dans ses fonctions. Cette enquête portait sur des connexions documentées avec le sommet du crime organisé russo-américain à trois étages du penthouse de Trump. Un procureur de l’État de New York, qui ne dépend pas du pouvoir fédéral pourrait théoriquement rouvrir ce dossier sur la base des éléments déjà constitués.

Ce qui manque c’est uniquement la volonté politique et la pression citoyenne

Toutes ces pistes ont un point commun. Elles nécessitent soit une volonté politique que les institutions américaines actuelles ne semblent pas en mesure de produire, soit une pression citoyenne suffisamment forte et coordonnée pour forcer l’ouverture de ces enquêtes malgré les obstacles. L’Europe, et particulièrement l’Allemagne via la Deutsche Bank, représente peut-être le terrain le plus fertile parce qu’elle échappe à la juridiction américaine et à la pression politique de Trump.

Ce qui est certain c’est que les preuves existent. Elles sont dans des bases de données, dans des cartons d’archives, dans les mémoires d’interprètes, dans les serveurs de la Deutsche Bank et dans les dossiers scellés de tribunaux fédéraux américains. Elles attendent simplement que quelqu’un ait le courage et les moyens de les faire parler. Et si ce quelqu’un c’était toi ? Je ne plaisante pas. L’histoire regorge d’exemples de simples citoyens qui ont réussi à faire tomber des puissants en agissant avec méthode et opiniâtreté. Et peut-être aussi qu’un ou plusieurs journalistes d’investigation vont peut-être enfin se décider à faire leur travail sans avoir peur d’en subir les conséquences. Et quelles conséquences d’ailleurs ? Trump n’est qu’un tigre de papier. Il n’y a aucune peur à avoir. Quant aux collectifs anti-corruption et pro-démocratie ils ont carrément les moyens d’aider à faire sortir les cadavres du placard.

Conclusion : L’information est notre arme la plus redoutable

Voilà ! Le roi Trump est nu ! Quand on retire toute la grosse couche de merde, il ne reste plus qu’un gros mafieux issu d’une famille de mafieux. Et aussi un gros loser pathétique qui a utilisé des réseaux criminels pour combler ses échecs et assouvir ses ambitions personnelles de mégalomane. A coté de ça, les scandales sexuels indéniables auxquels il est lié sont des affaires qu’il faut traiter séparément sous peine de tomber dans le piège grossier des affaires dans l’affaire. Mais surtout, il faut bien prendre conscience que les provocations quotidiennes du traître qui occupe le fauteuil de président des USA ne sont que des diversions pour nous éloigner de l’essentiel.

Ce qui me surprend le plus dans toute cette triste histoire c’est de constater que des millions d’américains se sont laissés berner par un type aussi minable et aussi grossier. Au final, ce serait carrément risible si ce n’était pas aussi dramatique. Parce que quand on voit tous ces américains qui se disent patriotes alors que la majorité d’entre eux ont élu comme président le plus gros traître à leur nation depuis sa création, on ne sait pas vraiment s’il faut en rire ou en pleurer. Dans tous les cas, pour ce qui concerne les sympathisants du parti républicain, vous pouvez tous cacher votre bannière étoilée. Parce que ce drapeau dont vous êtes si fiers, en dehors de vous, il ne reste plus grand monde pour le considérer comme un symbole de liberté et de démocratie. Et sur ce point, il faut reconnaître que Trump a fait du bon travail. Parce qu’en sabotant toute la propagande à base de soft power de ses prédécesseurs, il est enfin reconnu internationalement que les états-unis ne sont qu’un pays fasciste et impérialiste qui fout la merde partout dans le monde. Ce n’est pas compliqué, il n’y a pas un seul pays sur cette planète qui n’ait pas des morts à déplorer à cause de la politique extérieure américaine. Voilà la réalité ! Donc s’il-vous plaît les américains, restez chez vous à vous occuper de vos affaires internes et laissez le reste du monde en paix ! Vos grandes leçons sur la démocratie et le respect de l’ordre international, commencez par les appliquer à vous-même et peut-être qu’après on pourra éventuellement réviser notre jugement.

Si tu as lu jusqu’ici je me doute bien que c’est parce que tu étais déjà scandalisé par tous les méfaits de Donald Trump et que tu ne m’as pas attendu pour l’être. De ce coté là, il n’y a rien que je ne puisse faire de plus. En revanche, ce que je peux faire concrètement c’est participer à mon petit niveau pour aider à faire disparaître les sentiments de défaitisme et de résignation qui touchent énormément d’humanistes.

Parce que Non ! Rien n’est figé ! Tous ensemble, telles des fourmis, on peut faire bouger des choses qui sont bien trop lourdes à porter pour une seule personne. Et cela commence par faire circuler l’information pour lui donner un maximum d’impact. Parce qu’un média 100% indépendant comme NovaFuture ce n’est pas fait pour consommer de l’info passivement comme avec les médias mainstream. Bien au contraire, c’est une invitation à devenir un acteur en partageant et en créant des champs du possible. De mon coté, j’ai passé de très nombreuses heures pour réaliser ce dossier. Et si je l’ai fait, c’est uniquement parce que j’ai été plus que surpris de découvrir que quasiment personne n’ait encore traité en profondeur l’hypothèse la plus crédible à propos de Trump. A savoir qu’il est clairement le trait d’union entre deux mafias qu’ils l’ont propulsé jusqu’à la maison blanche.

Donc, de ton coté, tout ce que je te demande en échange de ce travail c’est au minimum que tu le partages sur tes réseaux. Tu peux même le republier ou l’imprimer pour le faire circuler, c’est encouragé il n’y a rien à demander. Et si jamais tu es un journaliste avec un peu de courage, ou un membre d’une organisation qui peut enfin permettre d’exiger de la transparence sur toutes les affaires qui sont mentionnées dans ce dossier, tu auras droit à toutes nos félicitations les plus sincères. Quoi qu’il en soit, merci d’être ici sur mon blog NovaFuture et à très bientôt pour d’autres aventures.

Matt

Worldly Writer & Environmental Defender & Linux User | Some words are immortal, buried, or even burned. They are then destined to rise again like a phoenix rising from the ashes. And when they do, it can literally take your breath away!

Partager sur MastodonPartager sur LemmyPartager sur BlueskyPartager sur Hacker NewsPartager sur TelegramPartager par emailCopier le lien